dimanche 3 mai 2015

Juste l'esprit d'un métier: liberté!

et quel noble métier le journalisme! 

Une façon à moi de célébrer la 22ème édition de la Journée mondiale de la liberté de la Presse sur mon blog "Libre expression", c'est de partager avec vous quelques publications/opinions personnelles en images, mais aussi venant d'ailleurs, sur le journalisme. Car libre expression rime avec pluralité.


Plus de 600 journalistes hommes et femmes ont perdu la vie sur le terrain depuis une décennie, selon l'Unesco. La liberté d'expression, le droit à l'information et la protection des journalistes constituent un combat de tous les jours partout dans le monde.
Un groupe de journalistes couvrant une manifestation.


Avant tout rendons leur toutes et tous hommage; et mes pensées vont volontiers 
à l'un des pères fondateurs du journalisme, l'immortel Albert Londres, dont la pensée, essence du journalisme: « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » restera à jamais graver en lettres d'or dans le coeur de tout bon journaliste. Ce qui confirme si besoin est, une fois encore la noblesse et le sarcedoce de ce beau métier. 

Morceaux choisis dans le message de Jean-Claude KOUAGOU, Rédacteur en Chef du Matinal.
De gros défis pour le Bénin sur le chantier de la liberté d'expression et surtout de sécurité des journalistes et citoyens penseurs. Le pays n'a pas trop bonne presse en ce moment...




Face à la vitesse vertigineuse Web2.0, un nouveau défi émerge dans le paysage numérico-médiatique avec des journalistes tenus en haleine par la course vers l'audimat et la passion du scoop,...?




















Ah! Halte aux chiens écrasés qui inondent le monde des médias!













Puisse le journalisme prospérer comme métier; pratique et posture! 












Pour finir quelques interrogations/leçons tirées de la conférence #2mai de l'UFR CRAC (Sénégal).


@1: Aujourd'hui avec le Web 2.0,le journaliste n'est plus le maître de l'information.

@2: "Est ce que ce sont les patrons de presse qui prospèrent ou les journalistes qui prospèrent?"

@3: "Le journaliste dira ce que l'enveloppe veut qu'il dise"

@4: La liberté de presse n'est jamais acquise ou conquise, elle doit être perpétuellement recherchée

@5: Le "deuxième sexe" du jounalisme : la femme doit se battre pour s'imposer.

@6: "il faut qu'on aie confiance en ces femmes là et qu'elles soient aussi audacieuses en montant leurs entreprises de presse..."

@MikailaIssa

lundi 19 mai 2014

Benoit Lecomte, chargé de programme à Grad Ong: « ... d’ici 10 ans tous les paysans ouest-africains auront un Smartphone solaire connecté depuis leur champ »

L’Organisation non gouvernementale franco-suisse Groupe de réalisation et d’accompagnement pour le développement (Grad) basée à Genève en Suisse, s’active depuis plus d’une trentaine d’années à promouvoir les organisations paysannes en Afrique de l’Ouest. En plein boom technologique avec Facebook et les smartphones, Benoit Lecomte, chargé de programme à Grad n’imagine pas que 66% de la population africaine que représentent les paysans soient du reste.

Benoit Lecomte, Chargé de programme à l'Ong Grad lors de sa visite au Bénin (17 mai 2014)

Présentez-nous brièvement l’Ong Grad.
Depuis 1978 que notre Ong Groupe de Réalisation et d’Accompagnement pour le Développement (Grad) existe, nous travaillons sur deux principaux axes. Notre premier axe c’est la publication et l’édition de matériels pédagogique et ludique sur la solidarité internationale et le développement durable. Il s’agit des livres de contes, des bandes dessinées, de tous les âges surtout centrés sur la sensibilisation, la formation aux enjeux de solidarité internationale et de développement durable. Notre deuxième axe s’articule autour de l’écoute et l’appui à la communication pour le développement au profit des Organisations paysannes. A ce niveau, nous nous intéressons à stimuler, de faire réfléchir pour voir comment ces organisations petites ou grandes peuvent utiliser les moyens de communication en vue de renforcer les compétences de leurs membres. Notre motivation est donc de promouvoir les Organisations paysannes en Afrique de l’ouest.

Dans quel cadre se situe votre visite au Bénin ?
Avec le Réseau des organisations et producteurs paysans d’Afrique (Roppa), notre partenaire privilégié en Afrique subsaharienne, nous avons initié une tournée d’information, de sensibilisation, et d’initiation des plates formes nationales et leurs fédérations membres sur l’arrivée d’un nouveau support de communication assez révolutionnaire pour l’Afrique de l’ouest. Ce support c’est la jointure entre les Smartphones qui commencent à envahir l’Afrique et l’utilisation de Facebook comme un outil de bureau, de facilitation de la communication. Notre vision c’est que d’ici 10 ans tous les paysans ouest-africains auront un Smartphone solaire connecté depuis leur champ.

Mais en quoi Facebook peut-il vraiment révolutionner le développement rural ?   
Nous avons repéré il y a 4 ou 5 ans que Facebook est un outil intéressant très pratique pour communiquer entre paysans. Les gens se sont rendu compte qu’effectivement Facebook était un puissant outil de travail et non juste réservé pour faire la tchatche ou s’amuser entre amis. Grâce à la puissance de Facebook, les paysans peuvent partager des informations, des expériences et échanger sur les innovations. Avec un Smartphone connecté à Facebook vous avez tout le savoir moderne du monde chez vous. Les paysans peuvent même produire leur propre contenu en enregistrant de l’audio, en publiant des photos, des vidéos ou du texte pour partager des réalités paysannes à l’endroit de l’Afrique et du monde entier. Et puis il y a tout un contexte qui évolue dans ce sens de paysan connecté dans son champ. Il est un fait aujourd’hui que Facebook et le Smartphone sont à la mode et s’imposent progressivement presque à tout le monde à commencer par les élites en ville et les populations rurales. On constate aussi que les prix des équipements pour faire Facebook deviennent vraiment très abordables mais aussi le prix de la connexion internet baisse de plus en plus en Afrique. Par exemple au Nigéria, 81% des communications effectuées sur internet sont faites à partir de téléphone mobile comme les Smartphones.

Alors sur quel levier doit-on appuyer pour que la connectivité à Internet en milieu rural s’accélère ?
 Je pense que grâce à l’engagement économique et financier très fort des opérateurs de téléphonie mobile qui se battent vraiment pour essayer de développer leur marché, d’atteindre de nouvelles zones géographiques et même de couvrir l’Afrique, la connectivité à internet avance bien. Il y a aussi que de part les évolutions technologiques, on pense que la vision d’un paysan connecté en Afrique de l’ouest a changé. Par exemple, par la volonté d’avoir un Smartphone, cela peut amener de la lumière dans une zone. Car on voit maintenant de plus en plus que c’est le besoin pour le paysan de charger la bactérie de son téléphone portable qu’il fait amener de la lumière chez lui avec les chargeurs solaires mixtes. Maintenant c’est à nous les communicateurs pour le développement rural de avoir comment faire approprier cet outil aux paysans. Car il ne suffit d’avoir accès à la culture pour être cultivé ; il faut se l’approprier. A cet effet, il faut qu’on trouve les moyens pour amener ces paysans à produire aussi du contenu et non seulement consommer du savoir.

Mais comment faire face aux difficultés linguistiques d’utilisation de Facebook par des paysans analphabètes ?
Facebook n’a jamais été fait pour parler uniquement en Français ou en Anglais. Il existe des groupes sur Facebook qui communiquent en fulfulbé, en Wolof, etc. Je pense qu’il pourrait avoir aussi des sites ou groupes Facebook dans les langues nationales du Bénin. Il faut savoir que le moteur pour les paysans va être économique ; soit pour connaître les prix sur le marché, soit pour contacter les clients ou joindre leur famille. Le plus important c’est le contenu que les paysans veulent partager et c’est à eux de décider de la ou des langues qui s’y adaptent. C’est un défi intéressant qui fait suite aux gros efforts déjà accomplis en matière d’alphabétisation en Afrique.

Propos recueillis par Mikaïla ISSA

mercredi 16 octobre 2013

"Vidomè-gon" Halte-là!

Mon coup de gueule à l’occasion de la célébration du Blog action Day 2013 va à l’endroit des violateurs des droits de l’enfant. Stop ! C’est fini !


                                                                                                      lebeninois.net

Les droits universellement reconnus à tous les enfants se trouvent bafoués au niveau des « enfants placés » dits « vidomègon » en langue locale fon (Bénin). La traite des enfants a toujours été dénoncée et notamment le phénomène «vidomègon» qui sévit dans notre pays se présente à cet effet comme une violation des droits des enfants. Ces droits sont : « ceux de tous les enfants dans le monde ...ceux de nos propres enfants que nous aimons beaucoup et même pour lesquels nous sommes prêts à tous les sacrifices ... ».

Les vacances scolaires sont le moment par excellence où de nombreux enfants, sous prétexte qu’ils vont en vacances, sont déportés vers diverses destinations pour être exploités. Ainsi de nombreux enfants traversent frauduleusement les frontières nationales pour se faire exploiter par leurs tuteurs dans les pays voisins.

Les faits qui témoignent de la violation des droits des enfants « vidomègon » sont légion au Bénin.
Il ressort des enquêtes réalisées par les Ong Plan-Bénin et Africare que les enfants dits « vidomègon » ne jouissent pas d’une scolarisation bien suivie. Les maltraitances sous toutes leurs formes constituent le lot quotidien de ces âmes innocentes. Ils n’ont pratiquement pas de temps pour se reposer ni pour les loisirs.
Les enfants « vidomègon » ne bénéficient pas du droit de connaître et de vivre avec leurs parents car ils sont élevés par de tiers personnes. La plupart connaissent souvent des retards de croissance et traînent des tares qui les handicapent toute leur vie. Toute leur vie en est négativement affectée et les séquelles sont pour la vie.

Face à une telle situation, il importe donc qu’une action de lobbying soit faite à l’endroit des autorités compétentes à plus de vigilance pour veiller à l’application de la Loi 2006-04 du 10 avril 2006 en vigueur dans notre pays qui l’interdit de façon formelle et fait encourir à ceux qui s’en rendraient coupables une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Il est grand temps que cette violation massive des droits des enfants prenne fin dans notre société. Et Il faudra aussi organiser une campagne nationale d’information sur le respect des Droits des Enfants et du Code de l’enfant au Bénin, et de sensibilisation des parents et tuteurs sur les conséquences graves de la traite de leurs enfants vers d’autres destinations.



Mikaïla Issa

Les médias sociaux en point de mire pour la promotion des droits de l’homme

La célébration de l’édition 2013 de l’évènement planétaire Blog action Day ravive dans nos esprits l’importance du respect des droits de l’homme.

Le Blog Action Day est un événement lancé depuis 2007 par une équipe américaine à laquelle appartient une compatriote Sinatou Saka au nom du Bénin. Son but est de réunir les blogueurs du monde sur le même sujet, le même jour afin de sensibiliser et de susciter une discussion positive globale. Le thème de cette année est centré sur les Droits de l'Homme.

Le blog à travers les médias sociaux est un enjeu majeur pour les défenseurs des droits humains. Les avancées technologiques peuvent servir la cause des droits humains et de la démocratie en Afrique.
A l’ère du numérique, de nouveaux espaces de liberté et de participation citoyenne émergent de plus en plus sur internet.

La trilogie « Médias sociaux, droits humains et démocratie » est de plus en plus admise même dans les sphères entre temps réticentes à l’émergence des TIC.
Aujourd’hui, s’approprier donc l’utilisation efficiente des médias sociaux contribue à garantir le respect et la protection des droits et la promotion de la démocratie.

La communication média via le web dans le domaine des Droits Humains suscite un grand intérêt auprès de la couche juvénile. Cette action numérique permettra de mettre hors du rang de la jeunesse les violations des droits de l’homme.

Ceci à travers divers messages de sensibilisations diffusés sur Internet et un forum actif en ligne pour permettre aux jeunes du monde de discuter des questions liées à la défense et la protection des droits de l’homme. Toute chose qui contribue au renforcement de l’Etat de droit et à la garantie des droits de la personne humaine au sein de nos sociétés.

Ainsi les moyens d’actions qu’offrent les médias sociaux sont innombrables. Il existe dans les médias sociaux une formidable opportunité pour les cyber-activistes de filmer les violations des droits humains, de rapporter des irrégularités et de partager des informations pour mobiliser les citoyens autour d’une cause commune.
  
Mikaïla Issa

« vi-do-mè-gon » Halte-là !

Mon coup de gueule à l’occasion de la célébration du Blog action Day 2013 va à l’endroit des violateurs des droits de l’enfant. Stop ! C’est fini !


                                                                                                      lebeninois.net

Les droits universellement reconnus à tous les enfants se trouvent bafoués au niveau des « enfants placés » dits « vidomègon » en langue locale fon (Bénin). La traite des enfants a toujours été dénoncée et notamment le phénomène «vidomègon» qui sévit dans notre pays se présente à cet effet comme une violation des droits des enfants. Ces droits sont : « ceux de tous les enfants dans le monde ...ceux de nos propres enfants que nous aimons beaucoup et même pour lesquels nous sommes prêts à tous les sacrifices ... ».

Les vacances scolaires sont le moment par excellence où de nombreux enfants, sous prétexte qu’ils vont en vacances, sont déportés vers diverses destinations pour être exploités. Ainsi de nombreux enfants traversent frauduleusement les frontières nationales pour se faire exploiter par leurs tuteurs dans les pays voisins.

Les faits qui témoignent de la violation des droits des enfants « vidomègon » sont légion au Bénin.
Il ressort des enquêtes réalisées par les Ong Plan-Bénin et Africare que les enfants dits « vidomègon » ne jouissent pas d’une scolarisation bien suivie. Les maltraitances sous toutes leurs formes constituent le lot quotidien de ces âmes innocentes. Ils n’ont pratiquement pas de temps pour se reposer ni pour les loisirs.
Les enfants « vidomègon » ne bénéficient pas du droit de connaître et de vivre avec leurs parents car ils sont élevés par de tiers personnes. La plupart connaissent souvent des retards de croissance et traînent des tares qui les handicapent toute leur vie. Toute leur vie en est négativement affectée et les séquelles sont pour la vie.

Face à une telle situation, il importe donc qu’une action de lobbying soit faite à l’endroit des autorités compétentes à plus de vigilance pour veiller à l’application de la Loi 2006-04 du 10 avril 2006 en vigueur dans notre pays qui l’interdit de façon formelle et fait encourir à ceux qui s’en rendraient coupables une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Il est grand temps que cette violation massive des droits des enfants prenne fin dans notre société. Et Il faudra aussi organiser une campagne nationale d’information sur le respect des Droits des Enfants et du Code de l’enfant au Bénin, et de sensibilisation des parents et tuteurs sur les conséquences graves de la traite de leurs enfants vers d’autres destinations.

Mikaïla Issa

mardi 20 août 2013

Universités d’été des droits humains du Cifdha



Universités d’été des droits humains du Cifdha

Former la jeunesse africaine au cyber militantisme responsable

Trente jeunes activistes des droits de l’homme venus d’Afrique centrale et occidentale française participent à la 4ème session des Universités d’été des droits humains (Uedh). A l’initiative du Centre d’information et de formation en matière des droits humains (Cifdha), la cérémonie d’ouverture s’est tenue ce lundi 19 août dans la salle Raibau de la fondation 2iE à Ouagadougou.
(de la gauche vers la droite) Mikaïla Issa, Sahouda Pio et Inès Magnidé représentent le Bénin aux Uedh
 
A l’ère des TIC, de nouveaux espaces de liberté et de participation citoyenne émergent de plus en plus sur internet. Cette actualité du cyber-activisme est un enjeu majeur pour les défenseurs des droits humains. Durant 06 jours participants, formateurs et organisateurs des Uedh vont se pencher sur la thématique « Médias sociaux, droits humains et démocratie ». A travers cette thématique, il s’agit pour les militants membres d’organisations de la société civile, de mieux s’approprier l’utilisation efficiente des médias sociaux pour garantir le respect des droits et la protection de la démocratie. 

A l’ouverture des travaux, Francis Simporé, directeur général de l'Institut international d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) a salué les efforts du Cifdha et de ses partenaires, en organisant les Uedh au profit de la jeunesse, levier de changement pour l’édification d’un monde de paix. La conférence inaugurale des Uedh 2013 animée par Gabriel Bombambo s’est articulée autour du thème : Médias sociaux en Afrique : quelles opportunités pour la promotion des droits humains et de la démocratie ? L’expert international en sécurité internet a donné un aperçu global des cadres d’information et d’échanges sur le web2.0. Il a aussi mis l’accent sur les avancées technologiques pouvant permettre de servir la cause des droits humains et de la démocratie en Afrique. Après cette communication, Lydia Ouedraogo, Présidente du Cifdha a, dans son allocution, rappelé la vision de son organisation, selon laquelle l’ignorance est à la fois une violation et une cause du non respect des droits humains. C’est pourquoi le Cifdha, à travers les Uedh, se veut un pôle de renforcement des capacités de jeunes militants africains sur les droits de l’homme. 

Cette 4ème session est consacrée à l’animation de modules pratiques et interactifs sur la saisine des institutions africaines et universelles de protection des droits humains, la création et la gestion de médias sociaux, le cyber militantisme et la protection de la vie privée sur internet. Le Représentant de la Présidente du Conseil supérieur de la communication, Justin Tionou, tout en appréciant les avantages des moyens d’actions qu’offre les médias sociaux, invite les militants à plus de vigilance. Car prévient-t-il, « en plus de leur sécurité physique, les cyber-militants doivent aussi veiller à leur sécurité numérique ». Comme lui, le coordinateur international du Centre de conseils et d’appui pour les jeunes en matière des droits de l’homme (Codap) basé en Suisse qui encourage le cyber militantisme exhorte les jeunes militants africains à davantage bien s’outiller sur les opportunités et dangers des médias sociaux. Cédric Chatelanat trouve en les médias sociaux une formidable opportunité de filmer les violations des droits humains, rapporter des irrégularités et partager des informations pour mobiliser les citoyens autour d’une cause. 

Depuis 2010, le Cifdha bénéficie de l’appui du Codap pour l’organisation des Universités d’été des droits humains. L’édition 2013 qui réunit des jeunes du Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cote d’Ivoire, Guinée, Mali, Sénégal, Togo prend fin le dimanche 25 août 2013. A l’issue de la formation, les participants seront intégrés dans le réseau du Cifdha des cadres de concertation et de partages d’expériences. Au retour dans leurs pays respectifs, les participants s’engagent à partager leurs acquis et réaliser des projets avec l’appui de leur organisation.
Mikaïla Issa

dimanche 28 juillet 2013

Election présidentielle au Mali: Et après?

Election présidentielle au Mali: Et après ? Enfin un air d’ouf de soulagement avec le retour dans les urnes ce jour ! Un espoir pour ressusciter le Mali qui se meurt. Un...

Election présidentielle au Mali

Et après ?

Enfin un air d’ouf de soulagement avec le retour aux urnes ce jour ! Un espoir pour ressusciter le Mali qui se meurt. Une page du calvaire politico-militaire qui se tourne, plus de 18 mois après. Depuis le putsch militaire du 22 mars 2012 perpétré contre le régime du Président Amadou Toumani Touré (ATT), le Mali serait-il aujourd’hui sur la voie de retrouver quiétude sociale et stabilité politique ?

L’élection présidentielle de ce dimanche 28 juillet marquera certainement un déclic vers la reconstruction d’un nouveau Mali de rêve. Un vœu profond de tous les Maliens. Avec l’accord de Ouagadougou sur le Nord Mali signé par les différents protagonistes de la crise, on est en droit d’espérer un début de dénouement même si ce n’est qu’un accord d’étape obtenu, avec les rebelles touaregs. En tout cas pour l’heure, cet accord a permis de ramener l’armée malienne à Kidal pour sécuriser les élections. Mais loin s’en faut, les questions de fond demeurent toujours entières : la question du putsch conduit par le capitaine Amadou Sanogo n’est pas encore réglée, le problème touareg, la chefferie traditionnelle, etc. Beaucoup de questions restent en suspens. La principale faiblesse de l’accord, c’est la signature avec le groupe le moins représentatif de la rébellion du Nord Mali, le MNLA.
Un autre groupuscule de rebelles, le MUJAO menace de perturber le déroulement normal du scrutin en empêchant les musulmans d’aller voter. Le degré du ressentiment et des suspicions réciproques entre pouvoir et rébellion ne peut s’estomper par un paraphe sur un document. Il ne sera pas exagéré de ne pas donner plus de crédit à cet accord plus qu’il n’en a. Il s’agit certes d’un accord dont le contenu reste entouré de flou, à la limite bancal mais qui vaut mieux qu’un conflit ouvert. Par ailleurs, il ne faut pas sous estimer l’importance du détail et de la précision dans l’accord signé car le diable se niche dans les détails. Une chose que les autorités maliennes, l’Union africaine et la communauté internationale ne devront pas perdre de vue car on le sait, une paix durable ne peut être obtenue dans des conditions pareilles. Mieux, en décidant de reporter la substance de la négociation à l’après scrutin, l’épée de Damoclès plane sur la tête de tout le monde. La communauté internationale n’a-t-elle pas imposé à Bamako de discuter avec les ex rebelles du MNLA qui ont pourtant ouvert la porte aux islamistes d’Aqmi ?
Autant de préoccupations majeures dont le règlement devrait permettre de refonder une légitimité au pouvoir malien. Légitimité dont la communauté internationale a besoin pour renforcer la réorganisation politique et administrative du pays mais soumise à une question centrale : la réconciliation. Cette dernière est loin d’être acquise entre les communautés touaregs du Nord Mali. Cela paraît un pari impossible même si la population touareg ne représente que 10 % de l’ensemble des habitants. Au Mali, le taux de participation aux élections est généralement inférieur à 40%.
Avec la période du Ramadan à laquelle s’ajoute la saison pluvieuse en cours dans ce pays, ce taux pourrait être encore plus faible.  La question est donc de savoir, si le prochain Président, qui probablement sera élu avec un faible suffrage national, pourra disposer de beaucoup de manœuvres pour négocier avec les chefs rebelles touaregs et surtout asseoir une légitimité générale et consensuelle du pouvoir malien. Le profil idéal du nouvel homme fort du Mali doit être bâti sur un leadership exceptionnel, une grande capacité d’écoute attentive, un atout managérial, une présence physique sur le terrain au contact de tous les acteurs et par-dessus tout un esprit d’unité nationale.
Le défi prioritaire N°1 qui préoccupe candidats, médiateurs de la crise et populations est celui de la garantie de la sécurité des personnes et des biens sur tout le territoire malien. Pour ce faire, il y a forcément un prix à payer. Quel sera donc l’objet de la discussion de l’après élection avec les rebelles touaregs ? Doit-on s’attendre à une nouvelle République Azawad? Quel sera la nature du mandat du dispositif Cerval de l’armée française et des forces d’interposition de la Minusma ? Que deviendra le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE) instauré par les putschistes ? Au lendemain du scrutin, il importe de rouvrir de nouvelles négociations plus franches pour de véritables résolutions très fermes. Puisse le Mali connaître un nouveau départ pour redorer son blason de pays démocratique d’antan.

                                                                                                                                             Mikaïla ISSA

samedi 6 juillet 2013

Journée Internationale des Coopératives 2013

BOURGINE FAGADE, JEUNE ENTREPRENEUR EN ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE


« …Entreprendre en coopératives pour développer sa localité »
La résistance des coopératives face aux crises économiques successives de 2008 à 2011 a poussé l’ONU a déclaré 2012, l’année Internationale des coopératives. A l’occasion de la célébration ce jour de la journée internationale des coopératives 2013, Bourgine Fagadé, jeune militant de l’économie sociale et solidaire ; et formateur à entrepreneuriat coopératif explique comment entreprendre en coopératives pour développer sa localité à travers l’exemple de l’Association JEUNESSE Bénin qu’il préside depuis un an. Il lance un appel aux jeunes à se rassembler pour peser davantage dans les négociations pour la mise en place de programmes innovants orientés vers l'économie sociale et solidaire. 


Qu’est-ce-que l’économie sociale et solidaire ?

Bourgine Fagadé : C'est un ensemble qui regroupe les coopératives, associations, mutuelles, syndicats et fondations qui fonctionnent sur des principes. Nous avons globalement trois principes : l'égalité des personnes, la solidarité entre les membres et le principe d'indépendance économique.


Explique-nous ce que s’est que entrepreneuriat coopératif ?

L’entrepreneuriat coopératif est directement lié à l’Economie Sociale et Solidaire. Les entreprises coopératives sont basées sur le respect des valeurs de démocratie dans l’entreprise, le partage équitable des richesses créées et la gouvernance coopérative. Il y a trois formes d’entreprises coopératives : les Sociétés coopératives (SCOP), les Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (SCIC) et les Coopératives d’Activité et d’Emploi (CAE).


Alors en quoi l'entrepreneuriat coopératif est-il différent des autres formes entrepreneuriat ?

Principalement des valeurs qu’il respecte, du mode de gouvernance et du processus de prise de décision. Dans une coopérative, il n’y a en réalité pas de patron ou de leader. Les patrons et les leaders, ce sont les employés eux mêmes. Dans une Scop par exemple, on parle de la double qualité : la qualité d’associé-salarié. Autrement dit, le salarié est même temps le patron. Il décide de la stratégie de l’entreprise et l’applique. Cela permet d’éviter des problèmes entre le niveau stratégique et le niveau opérationnel. Les décisions sont prises ensemble par tous les salariés-associés. 


Quels avantages offrent les coopératives?

Les coopératives sont dotées d’une comptabilité qui leur permet d’être plus résistantes aux crises économiques. En effet, une grande partie du dividende est portée en réserve obligatoire. Les associés étant en même temps salariés de l’entreprise, peuvent se contenter de leur salaire. Les dividendes normalement distribué dans les entreprises capitalistes sont ici apporté en réserve et permet à l’entreprise de faire face à certaines difficultés. En plus, tous les projets issus de l’ESS doivent être écologiques et offrir de l’emploi principalement dans la localité des créateurs d’entreprises.


Comment se familiariser avec les valeurs de l’économie sociale et solidaire ?

Je dirai que cela passe par des formations dans le domaine. Les vérités capitalistes ne sont pas celles de l’Economie Sociale et Solidaire. Il faut déjà savoir ce que c’est, les règles juridiques, comptables et autres règles relatives à l’Economie Sociale et Solidaire. 


Quelle importance accorde-t-on aux entreprises coopératives au Bénin?

Au Bénin, on trouve les coopératives agricoles, les coopératives de santé, les coopératives dans le domaine éducatif. Il n’existe pas de règles claires et précises pour classifier ces coopératives. Difficile de faire une distinction de Scop, de Scic et de CAE au Bénin.Les règles de création ne sont pas vraiment claires. En plus, les coopératives sont perçues comme de petites entreprises ou des mi-entreprises. Ce qui est une fausse image des coopératives. La CCIB et les autres organismes du secteur devraient commencer aussi. Ils ont intérêt, car l’ESS est en pleine conquête du monde. C’est bientôt la fin du capitalisme. Il faut un nouveau courant pour s’adapter aux besoins actuels. 


Pouvez-vous partager avec nous vos acquis et expériences en entrepreneuriat coopératif ?

(Sourire). Difficile de partager tout cela en quelques mots. J’aurais beaucoup à dire. Mes précédents développements devraient permettre d’avoir une idée de l’ESS et des entreprises coopératives. Pour des détails plus techniques et ou une formation intégrale, je suis ouvert à des conférences et ateliers de formation. J’ai des supports numériques de cours et le Créascop3 (Logiciel de Création d’entreprises et de gestion coopératives) dans que je partage avec les jeunes béninois lors des formations.


Quels sont vos rêves pour le monde de entrepreneuriat coopératif ?

Je rêve de voir plein de jeunes béninois entreprendre en coopératives. Cela permet de voir qu’il y a une nouvelle façon d’entreprendre et de s’en sortir. Entreprendre en coopératives présente beaucoup d’avantages si on respecte les règles. Il s’agit de résoudre le problème de l’emploi, de respecter l’environnement, de développer sa localité. C’est cela le social et le solidaire. Au canada, cela s’apprend déjà dans les écoles primaires. Pour une énième fois n’attendons plus d’être les derniers.

Interview réalisée par  Mikaïla ISSA


***Ecoutez ici http://jeunesse.francophonie.org/rjfm/mikaila-issa  une interview accordé par le Président de l'Association Jeun'ESSe à la Radio des Jeunes Francophones du Monde (RJFM) sur le thème de l'Economie Sociale et Solidaire.

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